Neonomadisme et travail : Gérer la précarité

25 juillet 2011  //   Rendez-vous des Entrepreneurs  //  0 Comments

Tout au long de l’été, retrouvez les compte-rendus, documents et vidéos des intervenants du 4ème Rendez-vous des Entrepreneurs Romands : Bienvenue à Nomad’s Land qui a eu lieu les 23 et 24 juin 2011 à Genève. Premier billet de cette série spéciale « Rendez-vous des Entrepreneurs Romands », Yasmine Abbas pose les bases de la journée de conférences. Être Nomade, oui, mais à quel prix ?

Yasmine Abbas, Neo-nomad
« Neonomadisme et travail : gérer la précarité »

Elle est venue faire part des constats tirés de ses recherches portant sur les stratégies d’adaptation aux espaces des néo-nomades dans une présentation intitulée : « Neo-Nomadisme et travail : Gérer la précarité ». La 1ère image qu’elle a diffusée mettait en scène un commerçant ayant fabriqué son pain avec une anse pour en faciliter le transport. « Le néo-nomadisme change tout ce qui se passe », a-t-elle commenté. En fait, il influe sur les PIGS (People Information Goods & Spaces). Elle prête trois dimensions à la mobilité.

Elle peut être :

  • Physique (d’un point A à un point B)
  • Numérique (via un portail, une connexion)
  • Mentale (en tant que résultante des deux premières)

Concernant le 3ème point, l’architecte a évoqué le changement d’identité consécutif à la mobilité. « Lorsqu’on voyage, on amasse un bagage culturel qui conduit à un changement d’état », jusqu’à devenir un hybride culturel, a-t-elle indiqué. Qui dit mode de vie nomade, dit infrastructures adaptées en conséquence (réseaux sociaux, téléphones portables, espaces, territoires vitaux, etc.). Au niveau de la représentation architecturale des sièges sociaux d’entreprises à vocation internationale, la spécialiste soutient la mise en place d’espaces de travail partagés, au coup immobilier moindre. « Plus on est mobile, plus on a besoin d’un chez-soi », a ajouté l’intervenante.

Cette nécessité éprouvée implique la création de « simulacres de chez-soi », traduits par exemple par l’achat du même mobilier pour habiller différents endroits et avoir un sentiment de continuité.

Yasmine Abbas a enfin soulevé les coûts des mobilités. D’un point de vue financier mais aussi psychologique –maux d’identité–, physiologique ou environnemental. Etre un hybride culturel signifie être capable de mener à bien un certain nombre de challenges. Faire preuve de flexibilité intellectuelle, être à même de travailler par projets, à la demande et de manière discontinue, au sein d’équipes dispersées, d’assumer son statut d’ « employé jetable. »