Daniel Rosselat, co-fondateur et président du Paléo festival de Nyon et plus récemment syndic de la ville de Nyon évoque 35 ans d’expérience d’entrepreneuriat créatif pour un événement musical qui fait aujourd’hui partie d’un des plus grands festivals open-air européens. Les coulisses de cette « ville éphémère » sont à découvrir à travers 3 thèmes centraux: les chiffres-clés, l’historique et les clés du succès du Paléo Festival.
Le Paléo, un laboratoire de créativité compliqué
Daniel Rosselat, c’est avant tout l’histoire d’un passionné. À 19 ans, il quitte son école d’ingénieur pour suivre sa passion et son rêve : créer un festival en plein air dans la ville de Nyon. Il a organisé ses premiers concerts en 1973 et en 1976 a lieu le tout premier « First Folk Festival ». Aujourd’hui le Paléo Festival, c’est une ville éphémère de 50’000 habitants sur 85 hectares ce qui en fait le plus grand festival de Suisse et un des plus importants au niveau européens.
Le Paléo Festival 2011 en quelques chiffres :
- 8’000 campeurs
- 1’682 musiciens et techniciens
- 4’415 collaborateurs bénévoles et 55 salariés
- 211 spectacles sur 6 scènes
- 230’000 spectateurs
- 609 journalistes, soit 222 médias
Avec un telle présence de journalistes et de spectateurs, Daniel Rosselat compare le Festival à un laboratoire « un peu compliqué ». À l’inverse de l’innovation testée en laboratoire fermé à l’abri des médias, le Festival est un laboratoire où la créativité se confronte à la réalité du terrain et où chaque erreur est publique et commentée.
Pourtant, l’échec est un grand vecteur de réussite et d’apprentissage pour Daniel Rosselat. Selon lui « le festival tel qu’on le connaît aujourd’hui est une succession d’expériences tirées de petits échecs » et « on apprend plus de ses échecs que par la réussite de tous les autres ».
La naissance d’un festival et d’une philosophie
Les premiers concerts sont nés d’une association socio-culturelle dont Daniel Rosselat gérait l’animation autour d’une passion : la musique. Les rôles sont attribués en fonction des talents de chacun et les réunions de travail se font au bar à l’heure de l’apéro. À cette époque, la passion remplace les moyens.
Malgré cet aspect « amateur », cette association sera à l’origine de nombreuses innovations qui seront reprises plus tard par d’autres grands festivals. Ils « inventent » le sponsoring (en 1976, seules les industries du tabac acceptaient de donner de l’argent pour un festival de musique) et créé un mélange culturel et musical unique qui amène à cette manifestation une atmosphère, un esprit.
Les débuts du festival, un projet progressif :
- 1973 : Premiers concerts. Intuition et spontanéité : la passion d’abord.
- 1975 : Naissance de l’association Paléo Arts & Spectacles
- 1976 : First Folk Festival, trois jours en salle, 1’800 spectateurs
- 1977 : Premier festival en plein air
- 1979 : Une structure professionnelle : la crise
- 1986 : Changement de nom : Paléo Festival
- 1990 : Déménagement du terrain de Colovray vers le site de l’Asse
En 1979, l’association connaît une crise, celle de la professionnalisation de son activité. Les « réunions-apéros » sont remplacées par des feuilles de budget et des organigrammes. Cette professionnalisation a donc amené une profonde remise en question de l’organisation et Daniel Rosselat devient un manager « qui a pour seul talent de mettre en valeur celui des autres »
Clés du succès
Le projet de départ d’un Festival en plein air n’avait ni plan de communication, ni stratégie de sélection des artistes « nous choisissions les artistes qui nous plaisaient et espérions qu’ils plaisent au plus grand nombre » et Daniel Rosselat ne cherchait pas vraiment à comprendre son succès. Après 35 ans, il tire les enseignements de son expérience et livre ses clés :
- Conserver ses valeurs
- Tenir les promesses faites
- Prendre des choix responsables et assumés pour la maîtrise de l’événement
- Affirmer et défendre sa propre identité
Aujourd’hui, il se concentre sur les nouveaux projets du Paléo Festival et pour lui sa place est de « imaginer, anticiper, innover et simuler toutes les situations, mêmes les pires ».


