Sociologue Spécialiste de l’usage des techniques à l’Observatoire Science, Politique et Société de l’Université de Lausanne, Olivier Glassey a eu pour mission d’informer sur l’information lors du 350ème First de Rezonance. «Surcharge d’info», «déluge informationnel», «déluge de données» ou «infobésité» sont les qualificatifs qu’il a employé pour évoquer la situation actuelle dans ce domaine.
Au sein des entreprises, les collaborateurs recevraient entre 50 et 100 mails par jour – 300 pour les plus exposés –. Dans ce contexte, moins d’un message sur trois serait ouvert, même lorsqu’il provient de clients ou de partenaires. Submergées par ce flux continu de données, certaines personnes en arrivent à détruire leur adresse et à s’en créer une nouvelle gérée de manière confidentielle.
Les collaborateurs recevraient entre 50 et 100 mails par jour – 300 pour les plus exposés [...] moins d’un message sur trois serait ouvert
Cependant, force est de constater que, vu l’importance du numérique en tant que canal de communication, il est difficile de ne plus y avoir recours professionnellement. Ainsi, certains collaborateurs, par peur de rater un événement, une opportunité ou d’être jugés sur leur absence, n’hésitent pas à mentir à leur conjoint pour aller consulter furtivement leur boîte mail professionnelle (11% en 2009 selon une étude). D’après une autre investigation, un tiers des ados américains iraient sur Facebook avant même de se lever.
1/3 des adolescents américains vont sur Facebook avant même de se lever
Pour stopper l’invasion digitale, des entreprises ont pris des mesures telles que l’interdiction d’accéder à sa boîte mail avant une certaine heure ou l’aménagement d’espaces déconnectés. La créativité est de mise pour favoriser la «parcimonie informationnelle», qui ne peut pas être réinventée toute seule.


